Pourquoi nos pare-brises restent-ils de plus en plus propres ? Ce constat partagé par de nombreux automobilistes pourrait être le symptôme d’un phénomène bien plus inquiétant : le déclin des insectes volants. Pour objectiver cette impression collective, un programme scientifique inédit arrive en France en avril 2026 : Bugs Matter : les insectes, ça compte !
Lors de leurs trajets en voiture, les participants photographient leur plaque d’immatriculation à l’aide d’une application mobile dédiée, puis comptent les impacts d’insectes à la fin du trajet. Recenser les impacts sur une plaque d’immatriculation, un élément de même surface sur tous les véhicules, permet de produire des données comparables et scientifiquement exploitables à grande échelle.
Déjà déployé au Royaume-Uni et en Irlande, Bugs Matter a permis d’analyser plus de 25000 trajets et de révéler une baisse moyenne de 19% des traces d’insectes par an depuis 2021, un signal particulièrement alarmant pour la biodiversité.
Pourquoi s’intéresser à l’abondance des insectes ?
Le déclin de la biodiversité, et notamment des insectes, est un phénomène mondial dont les causes sont connues : destruction des habitats naturels, agriculture intensive, changement climatique, pollution lumineuse, etc.
Or les insectes sont des éléments nécessaires à un environnement fonctionnel et sont essentiels à la pollinisation, indispensables à la reproduction d’une grande partie des végétaux, et donc à notre alimentation. Ils sont aussi essentiels à la survie d’autres espèces qui s’en nourrissent.
De nombreuses études européennes attestent de ce déclin touchant différents groupes taxonomiques et espaces géographiques. Bugs Matter permettra d’obtenir un indicateur pour la France, et de poursuivre le suivi des insectes volants dans le temps.
- 40% des espèces de pollinisateurs sauvages sont menacées ;
- 19 % d’insectes volants en moins par an au Royaume-Uni ;
- 36% de diminution entre 1990 et 2020 pour les populations de papillons des prairies en Europe.
Le programme est porté en France par l’association Noé, l’Office pour les insectes et leur environnement (Opie) et Vigie-Nature du Muséum national d’Histoire naturelle avec le soutien de l’OFB.